moulay-abdellah-hassak-1Le paysage sonore urbain regroupe généralement des nuisances sonores, et des pollutions induites par le son devenu dans certaines circonstances un altéragène physique. Elles peuvent être provoquées par diverses sources et les conséquences peuvent aller d’une gêne passagère à des répercussions graves sur la santé et la qualité de vie chez l’homme, (d’anxiété, de dépression, de stress, d’irritabilité voire d’agressivité de perturbations du sommeil, d’insomnie de fatigue, d’une baisse de la concentration, d’effets sur le système cardio-vasculaire, le traumatisme acoustique …) et, en altérant le fonctionnement des écosystèmes.

Pour Abdellah M. Hassak posséder de l’art dans notre paysage sonore est d’une importance considérable, quels que soit le goût de chacun d’entre nous. Cela permet l’exploitation du potentiel artistique dans une visée humanitaire et thérapeutique. Bien que l’art ait toujours été une partie innée de la civilisation humaine, reconnue pour ses vertus réparatrices et transformatrices.

L’intervention artistique de ses projets sur le paysage sonore d’une ville souligne en fait l’importance portée par l’artiste aux individus qui l’habitent, et l’impact négatif de propagation des sons qu’ils produisent sur l’impression auditive. L’intervention artistique de paysage sonore d’une ville urbaine entre autres, ça permettra de renforcer la qualité esthétique inhérente des habitants.

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TLBB : Parle nous d’où te vient cette fascination au son ?

Le son c’est une discipline qui m’intéresse depuis l’enfance en commençant par l’enregistrement de la musique, par l’utilisation des premiers lecteurs vinyle et cassette, d’écouter l’illimité du ce langage, ses instruments ou ses formes et parfois  même des expérimentations en changeant la vitesse de fonctionnement de ces machines afin de créer un changement des sonorités, bien aussi sur les ondes radios le faite de changer des fréquences FM ou AM, ça permet de voyager culturellement, linguistiquement, musicalement … selon les diversités de ces chaines radios…

L’art sonore pour moi est doué d’une puissance très intéressante et cette puissance  réside sur son immatérialité, ce qui permet une illimitée dans l’imagination créative, mais aussi une immatérialité qui lui permet d’être le plus interdisciplinaire possible et on peut le voir avec l’acoustique, la psycho acoustique, l’expérimentation, le nouveau média, la performance, l’archivage ….

Mais pour moi l’art sonore reste comme toutes les disciplines connues. C’est un ensemble aussi varié de pratiques artistiques uniques, multidisciplinaires et pluridisciplinaires mais qui mettent l’accent sur le son et l’écoute.

TLBB : Vu que tu as travaillé longtemps sur le son de la ville Casablanca, est ce que tu peux nous résumer Casablanca en un seul bruit ? 

Dans la musique chaque mélodie correspond à un silence, un temps, et volume, et les Sound scape des villes correspondent exactement à la même chose. Casablanca est une ville extrêmement complexe, chaotique et très diversifiée, ce qui lui permet d’avoir  un silence minimal,  un temps très court et un volume très fort, mais tout cela dépend des quartiers et des endroits de la ville. j’ai déjà essayé de travailler sur une composition musicale en utilisant les sonorités des villes, d’après mon expérience ces compositions m’ont souvent donné une musique classique, expressive nerveuse mais aussi, relaxante.

TLBB : Comment peut on vendre cet art au Maroc,  et est ce que l’oreille marocain et sensible à ce genre d’expression artistique ?

Comment vendre ? Oui, c’est une grande question, peut être je ne serais pas la personne idéale a y répondre , pour moi sensibiliser à l’importance des sons et de la qualité de notre environnement sonore, invitera les gens à prendre conscience de l’importance de l’écoute, l’art sonore comme matière de création et d’innovation, c’est une priorité pour moi. Ma démarche est surtout appliquer cette phrase “In Case Of Emergency, Make Your Own City”, il n’y a pas un grand public de l’art sonore. Avant de le vendre, il faut d’abord créer des artistes et la société qui pourraient s’intéresser à cette discipline artistique.

TLBB : À part ton travail sur le son brut, nous avons remarqué  que vous avez  des expériences avec la musique traditionnelle mixée à ta sauce, parle nous un peu plus de ça ?

Oui C’est vrai, j’aime beaucoup l’expérimentation en utilisant entre technologie et culture folklorique, je suis un musicien depuis l’âge de 12 ans et je m’auto-produit depuis mes 18 ans, et j’ai sorti mon premier album depuis l’âge de 22 ans, et depuis ce moment là,  je suis rentré dans plusieurs aventures et expériences musicales et sonores avec des artistes de partout dans le monde,  de pays tels que l’Espagne, Kirghizistan, Turquie, Égypte, Iran, Italie, Sénégal…

J’aime beaucoup la musique du monde, c’est une diversité très inspirante et très expressive et un langage d’ouverture sur l’autre, de coup pour moi intégrer des nouvelles technologies avec l’utilisation de la richesse folklorique est une matrice qui permet de créer toujours des choses uniques et créatives.

TLBB : A ton avis si le son était une valeur métaphysique, que serait-t-elle ?

Je pense qu’il n’y a pas de « si » ici, le son est une valeur métaphysique, il faut bien noter que le son est une onde produite par une vibration mécanique du support qui se propage dans l’air, de coup l’univers ( humains, animaux,  en général est en contact physique avec cette onde, nous sommes en communication physique, et nous sommes une fréquence variable.

TLBB : Le clip ou la chanson qui te fait triper en ce moment ?

J’ai pas vraiment de musique préférée,mais en ce moment j’écoute cette chanson de groupe OM un groupe que j’aime et que j’écoute depuis leur troisième album Pilgrimage, Om – Haqq al-Yaqin de leur album Advaitic Songs.

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Interview par la Rédaction – photos principale et deuxième : Ramzy Zahoual

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